Le travail du bois est essentiel chez les gaulois. Il permet la construction de bâtiments, de véhicules, de mobilier, d’armes, d’outils et d’ustensiles. Il est présent et vital dans tous les aspects de leur vie.


Outils et techniques du travail du bois chez les Gaulois

Bien que le bois se conserve mal, certains sites archéologiques ont révélé des objets extrêmement bien conservés : pieds de meuble, maillet, hampe de lance, plateau de bouclier, roue, pyxide, écuelles et bols… Ces précieux objets nous montrent comment le bois était travaillé et assemblé, et là encore les techniques modernes diffèrent peu. Par exemple, les assemblages à mi bois, avec tenons et mortaises, sont tout à fait courants. Le collage est également pratiqué, à l’image des plateaux de bouclier qui sont probablement collés à la colle animale ou à la caséine. Les pièces peuvent également être ligaturées.
Il peut être travaillé au moyen d’outils tels que le ciseau, la plane, la tarière, la hache, l’herminette, la râpe ou encore la scie. Ces outils antiques sont assez similaires à leurs homologues modernes. Les nombreuses découvertes archéologiques nous ont permis de reconstituer tout un panel d’outillage à présenter au public.


Des usages variés et une bonne connaissance de la matière
Nous pouvons même constater que différentes essences de bois ont été utilisées pour différents besoin, en fonction de leurs propriétés techniques. Les hampes de lances découvertes à La Tène sont en frêne, bois alliant souplesse et résistance, encore utilisé aujourd’hui pour les manches d’outils. Les bois durs comme l’érable sont utilisés en menuiserie, avec par exemple le pied de meuble (table?) et la pyxide (boîte) découverts au Fossé des Pandours ; ou comme le chêne utilisé pour les coques de bateaux ou les moyeux de roue. Certains bois légers, aux fibres très souples comme l’aulne ou le tilleul, sont utilisés pour les plateaux de boucliers, permettant une arme légère et résistante aux entailles, dont les sources littéraires nous disent même qu’elles se referment une fois l’arme ressortie.
Si de nombreux objets sont taillés dans la masse, les manches d’outils sont faits quasi exclusivement directement dans des branches, économisant quelques heures de travail pour un résultat plus solide, les fibres n’étant pas coupées et courent d’un bout à l’autre du manche.
Dans la construction, le chêne est encore une fois très largement utilisé. En effet, les tanins présents dans ce bois lui donnent une grande résistance à l’humidité. Les murs de villes fortifiées, les oppida (oppidum au singulier), sont composés de nombreuses poutres de chêne enterrées, accélérant largement la putréfaction du bois.


Certains objets attestent déjà l’utilisation du tour à bois. Il s’agit très probablement de tours manuels, des tours à archet ou avec une simple ficelle, où la pièce à travailler est mise en rotation par un artisan et travaillée par un autre. Le tour permet de régulariser et de décorer des écuelles et des bols, mais également de décorer des pieds de meuble (tables ou étagères vraisemblablement). Le gros du travail est probablement réalisé avec d’autres outils car un tel tour manque de puissance pour retirer beaucoup de matière.


Par Régis Harter pour les Trimatrici ©


