L’armement Gaulois

On dispose aujourd’hui d’une bonne connaissance typologique de l’armement gaulois grâce aux multiples fouilles menées ces vingt dernières années. Cet armement est principalement issu de sites de champs de bataille, sites funéraires, ou sanctuaires. De façon beaucoup plus résiduelle, on trouve de l’armement dans l’habitat.

Armement défensif

Casques

On dénombre à ce jour quatre grands types de casques en Gaule du nord selon Thierry Lejars. Trois de ces types sont faits d’acier, l’autre d’alliage cuivreux.

On note, sur les casques en acier, la présence de paragnathides, les couvres-joues, ainsi qu’une collerette qui peut faire le tour du crâne ou simplement couvrir la nuque. Les casques en alliage cuivreux sont beaucoup plus simples, composés du timbre et d’un très léger couvre-nuque. D’autres matériaux ont pu être utilisés, et même s’ils ne sont pas attestés par l’archéologie, peut-être du fait de leur caractère périssable, les casques de cuir ont pu équiper une partie des guerriers.

Armures

Le reste du corps du guerrier gaulois reste assez peu protégé par des pièces d’armures. Rien sur les bras ou les mains, pas de jambières non plus. Le torse peut-être protégé de différentes manières.

La première, la plus rare puisque extrêmement coûteuse, est la cotte de maille. Invention gauloise du début du IVè siècle av. J-C, elle est utilisée à la guerre jusqu’à la fin du Moyen-Âge, et même en 1914-1918. (Pour plus de détails sur cette protection, cf Artisanats > armure de mailles)

Les cuirasses de cuir peuvent également avoir été utilisées, bien que cela n’est pas plus attesté par l’archéologie que pour les casques en cuir. Cependant, une telle protection reste assez efficace, et peu coûteuse par rapport à une cotte de mailles. Certains textes nous parlent de « cuirasses », mais ce terme peut aussi bien désigner la cotte de mailles.

La plupart des guerriers combattent sans armure durant la guerre des Gaules, bien que Jules César, dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules, parle de guerriers enroulant leur sayon (le manteau de laine), autour du corps en guise de protection. D’épaisses couches de laines ainsi superposées peuvent ainsi offrir une bonne protection thoracique.

Boucliers

Le bouclier, et surtout la compétence du combattant, restent sa meilleure protection. De cette pièce d’équipement extrêmement importante, on ne retrouve généralement que les parties métalliques. Cependant certains exemplaires ont été retrouvés en excellent état (bouclier de La Tène, boucliers de Hjortspring).

Il s’agit donc d’un plateau de bois, en une seule pièce ou en plusieurs planches collées sur la tranche. Ce plateau est lenticulaire et est donc plus fin sur les bords qu’en son centre, pour une moyenne d’un centimètre d’épaisseur. Il est ovoïde et peut être plus ou moins allongé, ses dimensions étant comprises la plupart du temps entre 1m et 1m20 de hauteur pour 45 à 60cm de largeur. Le plateau était peut-être recouvert de peau ou de tissus, afin d’éviter l’éclatement du bois ou pour éviter qu’une flèche ne le perfore trop facilement. Sur les bords supérieurs et/ou inférieurs, on trouve parfois des orles, simples renforts en acier.

En son centre, il est tenu par un manipule de bois, parfois recouvert d’un couvre manipule en acier.

Protégeant la main sur l’avers, le umbo, bosselage d’acier, vient se fixer par dessus le manipule. On trouve, lors de la fin de l’indépendance, des umbones circulaires, et d’autres plus traditionnels couvrant la spina, arête de bois se fixant le long du plateau.

Cette protection pèse environ 3 à 5kg.

D’autres matériaux ont pu être utilisées ponctuellement (De Bello Gallico, Jules César), notamment en remplaçant les planches par de la vannerie. On recouvrait alors ce tressage de peau cru. Jules César nous dit qu’ils s’agit de bouclier fabriqués dans l’urgence.

D’autres théories supposent que les gaulois aient pu faire, à l’image des boucliers romains, des plateaux faits de lattes superposées et collées ensemble à la manière du contreplaqué moderne.

Armes offensives de corps à corps

Lances

La lance est une arme très courante, nécessitant peu d’acier, peu onéreuse, et peut équiper la plupart des combattants. La forme et les dimensions du fer peuvent être extrêmement variées, munie ou non d’une nervure centrale. Elle est fixée sur une hampe au moyen de clous. Cette hampe peut être de taille variable (moins de 2m et jusqu’à plus de 2,5m) et peut être taillée dans différents bois, dont certains peuples celtes ont peut être tiré leur nom: l’orme (Lémovices), l’if (Eburons), le frêne ou encore le noisetier. Du fait des douilles étroites des fers retrouvés (de 16mm à 22mm en général), les hampes devaient être assez fines. A l’autre bout de ces hampes on trouve parfois un talon, cône métallique.

Epées

L’épée est un objet emblématique de la culture celte. Celles de la fin de l’indépendance, même si elle peuvent avoir des différences morphologiques, gardent toujours les mêmes caractéristiques. Mesurant en général entre 85cm et jusqu’à 110cm, elle comporte deux tranchants parallèles très affûtés, se rétrécissant à la fin de la lame. La lame est généralement de setion losangique ou lenticulaire, parfois avec des gouttières, et mesure entre 4 et 5cm de largeur, tandis que la pointe peut être pointue, parfois arrondie, et dans de rares cas carrée. A l’autre extrémité, la poignée est parfois faite d’alliage cuivreux, mais généralement de matériaux périssables (bois, corne). La qualité de cette arme durant la guerre des Gaules est assez variable. Certaines sont des chefs-d’oeuvre d’orfèvrerie, composées d’aciers de différentes dureté, corroyées, trempées et décorées par martelage et traitement chimique (de très beaux exemples provenant notamment de Port BE, Suisse), d’autres sont beaucoup plus simples, de grandes barres d’acier relativement doux. Elles font moins de 1kg.

Elle est rangée sur le côté droit du combattant, dans un fourreau démontable en acier, fait de tôles de moins d’1mm d’épaisseur, décorées là aussi. Ce fourreau est tenu par un système de suspension.

Poignards

Il est peu probable que de telles armes aient servi à la guerre. Ces armes sont bien souvent des armes d’apparat, ou peut-être liturgiques, et présente souvent des poignées anthropomorphiques. Les couteaux gaulois restent des ustensiles.

Armes de jet et de tir

Javelot

Une arme très diffusée, bien qu’il soit souvent difficile de faire la différence en archéologie entre les fers de javelots et les fers de lance. Il s’agit d’une petite lance que l’on va jeter sur l’adversaire à courte portée. Elle est composée d’un petit fer, et d’une hampe de bois comprise entre 1,5m et 2m.

Arc

Très peu de sources révèlent des archers gaulois. Cependant, de nombreuses pointes de flèches ont été retrouvées sur les sites de bataille de la guerre des Gaules. (Pour plus de détails, cf. artisanat > facture d’arcs et de flèches)

Fronde

La fronde est une arme largement utilisée dans l’antiquité. Elle consiste en une petite poche (de cuir ou de cordages), tenue par deux sangles. L’une est terminée par une boucle dans laquelle on passe un doigt, l’autre par un noeud qui sera pincé entre le pouce et l’index. Les projectiles retrouvés chez les gaulois sont toujours en argile cuite (à l’inverse de ceux des romains qui sont en plomb), et mesurent environ 5 cm de longueur pour 40 à 50 grammes en moyenne.