' Notre approche du combat

Notre approche du combat, comment retrouver les techniques martiales

Si l'archéologie nous renseigne sur l'armement des gaulois à l'époque de la guerre des Gaules, son utilisation reste méconnue. Les domaines « à grande échelle » tels que la stratégie militaire ou l'intendance de l'armée ne peuvent être éclairés que par des études historiques et comparatives. En revanche, il est possible avec nos moyens d'étudier les techniques de combat d'un guerrier ou d'un petit groupe de guerriers sur le champ de bataille. Il s'agit ici de mieux comprendre d'une part l'utilisation de l'armement (surtout l'épée et la lance), d'autre part les formations possibles avec un tel équipement.

Aujourd'hui, nous travaillons majoritairement à reconstituer l'escrime gauloise de duel, ainsi que le combat à l'épée ou à la lance en petit groupe de 10 à 15 combattants. Pour cela, le point de départ est bien entendu l'étude du matériel archéologique ainsi que sa reconstitution. Il s'ensuit une approche à la fois comparative et empirique, lors d'entraînements hebdomadaires.

Pour l'approche comparative, nous nous intéressons aux combats mieux renseignés (historiquement et iconographiquement parlant) et expérimentés afin de transposer ces savoirs dans l'étude de l'escrime gauloise de la fin de l'indépendance. Ces techniques de combats peuvent être modernes ou historiques, en armes ou à mains nues, tel que le Krav-maga, le Wing Chun, la lutte, mais aussi l'escrime médiévale grâce à ses traités d'escrime et aux associations d'AMHE (Arts Martiaux Historiques Européens) ou à la gladiature romaine, en fonction des connaissances que chaque membre apporte au groupe de travail. Cette étude comparative, large bien que toujours lacunaire, permet d'appréhender les concepts généraux du combat (équilibre, distance, déplacement, etc.), du combat en armes et de la biomécanique. Quand cela est possible, nous transposons nos connaissances à l'escrime gauloise. En effet, certaines techniques sont dépendantes de l'armement utilisé (une épée médiévale à deux mains ne s'utilise pas de la même manière que la sica du gladiateur Thrace ou que l'épée gauloise) et ne seront pas transposées.

A cela s'ajoutent de nouvelles techniques apprises et développées au fur et à mesure de nos entraînements à l'épée et au bouclier gaulois. C'est l'approche empirique.

Ce perpétuel « aller-retour » entre les approches comparatives et empiriques nous force parfois à abandonner des voies dites « d'impasse » et à revenir en arrière sur certains aspects de notre escrime. C'est le coût pour re-découvrir un savoir perdu ! Enfin, notre groupe de travail s'entraîne également de manière hebdomadaire à la gladiature romaine : il s'agit d'une étroite et très précieuse collaboration entre les Trimatrici et l'association Othismos Aspidon ( lien Othismos Aspidon ).

Nos observations et conclusions sont disponibles sur ce site, dans l'onglet « utilisation de l'armement ». Des vidéos de nos entraînements sont disponibles dans l'onglet « démonstrations de combat ».