' Présentation de l'armement


Présentation de l'armement

Les armes de la panoplie des guerriers gaulois sont peu nombreuses. Cependant, puisque chaque combattant s'équipe à ses frais et en fonction de ses préférences et de ses moyens, il existe de nombreuses variations morphologiques dans ces différentes pièces d'équipement. On peut cependant en dégager des axes d'étude pour comprendre leur fonctionnement. Le grand avantage de la panoplie gauloise est sa polyvalence : on utilise aussi bien ce matériel à pied, à cheval, en formation, en duel, et sur tout type de terrain.

Le bouclier

Pièce maîtresse de la panoplie du guerrier, le bouclier gaulois est fait de planches de bois (aulne, tilleul, chêne, etc.) qui peuvent être assemblées sur champs. Certaines iconographies laissent supposer un lattage superposé à la manière du contreplaqué moderne, mais aucun artefact archéologique ne semble confirmer cela. Les bords haut et bas du bouclier peuvent être renforcés d'un orle métallique. Le plateau est plat et ovoïde. Il est percé en son centre pour une tenue du bouclier au moyen d'un manipule horizontal situé dans l'axe du plateau. À l'avant du bouclier, un umbo métallique vient protéger la main, et bien que les umbones (un umbo, des umbones) circulaires commencent à se développer à la fin de la période laténienne, la plupart des boucliers sont munis d'une spina (arrête de bois avec coque pour la main) et d'un umbo en forme de papillon et recouvrant cette spina.On suppose que le plateau pouvait être recouvert de peau, de cuir ou de fibres textiles pour en limiter l'éclatement en cas de choc avec une arme adverse, bien qu'aucune trouvaille archéologique ne puisse le confirmer pour le moment. Des sources littéraires nous apprennent que certains boucliers, fabriqués à la hâte, pouvaient être tressés en osier, et recouverts de peau (selon Jules César dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules). Les dimensions des boucliers sont comprises dans l'immense majorité des cas entre 45 et 60cm de largeur, et 100 et 120cm de hauteur.
Le bouclier est la protection principale de tous les combattants, et s'utilise de façon dynamique.

La lance
Composée d'un fer, d'une hampe de bois, et parfois d'un talon, la lance est l'arme offensive la plus courante, peu onéreuse car nécessitant peu de fer. Elle s'utilise à une main, et toutes les sources indiquent qu'elle s'utilise de pair avec le bouclier. Le fer peut adopter des formes et des longueurs variables, mais est, au Ier siècle avant notre ère, toujours étroit et très léger. Le diamètre de la douille, entre 18 et 22mm, indique que les hampes devaient être fines. C'est une arme d'estoc. La longueur est vraisemblablement comprise entre 1,80m et 2,5m. À l'autre bout de cette hampe est parfois placé un talon, cône de fer, servant vraisemblablement à ficher la lance dans le sol. La lance permet d'effectuer facilement des formations serrées, contrairement à la grande épée.

L'épée
L'épée, arme par excellence de l’aristocrate guerrier semble se démocratiser à la fin de la période celtique. Elle est composée d'un acier plus ou moins carburé et est rarement trempée. Sa poignée est composée majoritairement d'éléments organiques, probablement du bois dans la majorité des cas. Il s'agit d'une épée de taille, bien que l'estoc puisse aisément être pratiqué. La pointe est peut être effilée, parfois ronde, plus rarement carrée. Elle fait bien souvent plus de 90cm, certains modèles dépassant le mètre de longueur, pour 3 à 5cm de largeur. Elle est bien évidemment tranchante comme un rasoir et pèse moins de 1kg. Elle est tenue au côté droit dans un fourreau métallique.

Le javelot
Le javelot est constitué d’une hampe en bois mesurant entre 1m et 1,80m armé d’une pointe en fer. Cette pointe est plus petite que celles des lances, même s’il est parfois difficile de distinguer clairement les deux catégories. Le javelot est une arme de jet, lancée jusqu'à 30m sur l'adversaire. Les Gaulois pouvaient également se servir de la tragula, sangle de cuir enroulée autour du javelot et démultipliant la force afin de lancer l'arme jusqu'à 50m.
Il sert à harceler l'adversaire, à briser une charge adverse, à préparer une charge alliée...

Le casque
Bien que la majorité des combattants ne portent pas de casque, les plus riches pouvaient porter des casques en fer ou en bronze. La morphologie des modèles variant assez peu, il semble qu’ils aient été fabriqués dans certains ateliers spécialisés. Le casque est composé d'une bombe, d'une collerette ou d'un couvre-nuque, ainsi que de paragnathides (couvre-joues) articulées. La qualité de ces casques reflète l'exceptionnelle maîtrise des artisans gaulois. On peut également supposer que certains combattants se protégeaient la tête avec des casques de cuir ou des bonnets de laine.

L'armure de maille et la cuirasse
La plupart des combattants n'ont pas de protection sur le corps. Dans le De Bello Gallico, Jules César nous dit que les gaulois enroulaient leur sayon, grande cape de laine, autour de leur corps en guise de protection. On peut néanmoins supposer que certains portaient des cuirasses de cuir ou un vêtement rembourré sur le corps, bien qu'aucune trouvaille ne permette de l'affirmer. La haute aristocratie peut quant à elle se munir d'une cotte de maille, invention des celtes à la fin du IVè siècle avant notre ère. Composée de milliers d'anneaux de fil de fer ou de laiton, parfois rivetés mais souvent aboutés, cette armure couvrait le corps du combattant, descendant jusqu'à mi-cuisse et s'arrêtant aux épaules. Fréquemment renforcée d'épaulières, cette protection pouvait peser entre 8 et 13kg selon les modèles. Protégeant très efficacement du tranchant des armes adverses, cette armure souple devait être portée sur un vêtement rembourré pour éviter l'éclatement des chairs ou le bris des os lors de chocs violents. Extrêmement chère, la cotte de maille restait rare sur les champs de bataille.
Pour plus d'informations sur l'armure de mailles, rendez-vous sur la page confection d'armures de mailles.

L'arc
On trouve de nombreuses pointes de flèches sur les sites de bataille de la guerre des Gaules. Les Gaulois se servaient de l'arc à la guerre, bien que le combat au corps à corps était plus valorisé dans leur culture. Les archers servaient d'artillerie, ou pour harceler l'ennemi en tir direct, mêlés aux autres troupes. On ne trouve aucune attestation de tir à l'arc à cheval chez les Gaulois, cette pratique étant orientale. Pour plus d'informations, rendez-vous sur la page fabrication d'arcs et de flèches.

La fronde


Arme courante dans l'antiquité, la fronde est composée de deux sangles reliées à une poche servant à accueillir le projectile. Les balles de frondes gauloises étaient en terre cuite, pesant 40 à 60g environ. Suite à un mouvement de rotation, le guerrier lâche l'une des sangles pour envoyer le projectile à 200 mètres. L'impact est très violent, enfonçant les armures, fracturant les os et créant des hémorragies internes. Simple d'usage et très peu onéreuse, elle est fréquemment utilisée par les Gaulois. Certains textes nous disent même qu'ils chassaient de petits oiseaux avec, ce qui ne laisse aucun doute sur l'habileté de certains dans le maniement de cette arme.

La fronde gauloise, démonstration :

Par Régis Harter et Simon Diemer pour les Trimatrici©