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La travail de laine

Les Trimatrici travaillent, transforment la laine, de la toison brute tout juste tondue, en tissus qui servira pour faire nos vêtements, couvertures...

Teinture

Les Celtes savaient également teindre en pourpre avec des herbes sans utiliser le murex ou la cochenille, mais ces teintures ne tenaient pas très bien (Pline « histoire naturelle »)

Après avoir enlevé la paille, l’herbe, les brins de laine les plus souillés et très courts, la toison est lavée avec de la lessive de cendres de bois ou au savon, si possible près de la rivière pour le rinçage. Vient ensuite la teinte de cette toison. La laine étant par nature imperméable, pour qu’elle prenne la teinture, il faut d’abord la mordancer. Les mordants ouvrent les fibres de la laine pour permettre à la couleur de se fixer, mais aussi solidifient et nuancent les couleurs. Nous utilisons ceux de nos ancêtres: l’alun en priorité, le tartre, la noix de galle, le sel marin, la craie, l’urine et des métaux comme le fer, parfois pour nuancer une couleur. Les couleurs, elles, proviennent le plus souvent de plantes du « vieux continent » (donc aucun colorant exotique : indigo, curcuma, bois jaune…), telles que :



- le bouleau (rose, jaune, gris)
- l’aulne (noir)
- le merisier (fauve rouge, bruns)
- le pommier (jaune, aurore)
- le noyer (bruns)
- la reine des prés (jaunes) appelée autrefois Spirée ulmonaire (les druides la considéraient comme une de leurs plantes les plus sacrées, au même titre que la menthe et la verveine )
- le solidage (jaune)
- le millepertuis (vert)
- l’achillée mille feuilles (jaune vert)
- l’ortie (jaune, vert)
- le sureau (violet)
- la ronce (jaune, gris violacé)
- la garance (rouge, orange)
- l’oignon (jaune, orange, fauve)
- le peuplier (jaune vert)
- la carotte (jaune, vert)
- le cognassier (orangé)
- le pastel (bleu) qui s’appelait « Glastrum », sacré à l’époque de la Tène finale car possédant des pouvoirs religieux et guerriers. Les Bretons et les Pictes se peignaient le corps de sa couleur bleue, ce qui fit dire à César que les femmes de ces peuples ressemblaient à des éthiopiennes.

La présence de colorant rouge provenant de la cochenille de Kermes originaire de méditerranée est attestée du paléolithique (Suisse) à l’aube du Moyen âge. Il s'agit d'un insecte qui, à l’époque de la Tène, provenait de Pologne

Cependant, la plante seule ne définit pas la couleur finale. En effet, le mordant mais aussi la matière du chaudron influence et modifie également les teintes : le cuivre pour les couleurs joyeuses de lumières; la fonte ou le fer pour les teintes étranges, sombres, éteintes.


Voici quelques exemples (à droite) de tissages réalisés avec de la laine filée à la main, teinte avec de la carotte sauvage, des feuilles de ronce,du sureau , des feuilles et de l’écorce de noyer, de l’orties, de la garance, des feuilles et de l’écorce de bouleau, de merisier...

Préparation du fil de laine

Après la teinture, il faut carder la laine, c'est-à-dire l’étirer avec ses doigts et avec les cardes (des sortes de brosses) pour transformer les brins de laine en une masse nuageuse sans noeuds. Arpès cette étape, toutes les fibres de laine seront dans le même sens, et on pourra alors filer la laine ou en faire du feutre (PHOTO 1);

Lors de nos manifestations, les visiteurs peuvent s’essayer au cardage (PHOTO 2), au tissage, voire au filage au fuseau (PHOTO 3) après une démonstration de nos artisans. Mais attention, filer au fuseau reste fastidieux : 20 g ,150m à l’heure ,1 kg par semaine pour un expert !

Tissage

Les Trimatrici tissent avec trois métiers différents attestés :

Le métier aux tablettes aussi appelé aux planchettes par référence aux éléments qui le compose, ou encore à ruban car c’est ce qu'il permet de fabriquer : rubans, galons, ceintures...

Le métier à grille ne permet de réaliser que des étoffes de petites largeur. Il ne comporte que le peigne d’encroix, il faut donc tendre les fils de chaîne entre deux points fixes : un support quelconque et la ceinture du tisserant !


Le métier vertical à pesons (à droite, ou cliquez ici) qui permet de tisser des tissus de grande longueur, grâce à l’ensouple, de largeur appréciable, et surtout une grande diversité d’armures (motif du tissage) puisqu’il peut avoir plusieurs barres de lices.

Les Gaulois avaient les armures les plus classiques (toujours utilisées) pour leurs tissus : le point de toile basique et ses dérivés, des chevrons, le sergé, etc., avec toutes leurs déclinaisons possible. Le « pied de poule » très à la mode actuellement, l’était déjà à l'époque ! Ils ont aussi créé des tissus à carreaux. Voici différentes armures de tissages (PHOTO 4) retrouvées pour l’âge du fer (source : Grömer et Schierer, 2005)

Nos pesons (PHOTO 5) sont la reproduction de ceux trouvés sur le site archéologique « les trois Mares », près de Palaiseau, dans l’Essonne (source : revue archéologique de Picardie volume 1, 2003) Dans le métier à tisser gaulois, chaque fil est noué à la barre d’attache horizontale, à laquelle sont suspendus les pesons. Ceci permet une tension quasi identique à chaque fil contrairement au métier romain dont les pesons, plus petits et moins lourds, s’attachent à une nappe de fils.

Voici des échantillons (PHOTO 6) des textiles retrouvés dans la mine de sel de Hallstatt. Ils nous donnent une excellente image du savoir-faire des artisans celtiques.