' Poterie
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La poterie

Les récentes découvertes permettent de dater les premières poteries à plus de 20 000 ans. Les plus anciens objets en céramique connus datent d’environ 25000 ans (figurines anthropomorphes et zoomorphes, découvertes à Dolni Vestonice, en République tchèque). En Asie, des tessons de céramiques ont été découverts en Chine méridionale (Hunan) dans la grotte Yuchanyan, datés de 18 000 ans.

Les poteries servaient déjà à stocker voire à cuisiner comme l’attestent celles retrouvées et analysées au japon vieilles de 15 000 ans ( Olivier Craig université de York / GB ). Au néolithique, puis à l’âge du bronze (Photo 1, cliquez pour agrandir ou voir la légende), avec la sédentarisation et l’évolution de l’élevage et de l'agriculture, l'homme développe la céramique pour la conservation des aliments et céréales en remplacement de fosses creusées dans le sol. La cuisson des aliments s’en trouve modifiée avec l’utilisation des poteries, ils ne sont plus carbonisés au contact avec le feu.

Les premières céramiques sont fabriquées à l’aide de colombins en terre argileuse (Photo 2, céramiques gallo-romaines), assemblés les uns sur les autres, puis lissés. Autres procédés : l’estampage et le repoussage. Le tour n’existait pas encore en occident mais commençait à faire son apparition dans le croissant fertile et en Égypte sous une forme très rudimentaire. La cuisson de ces céramiques était réalisée dans des petites fosses dans lesquelles on superposait des couches de bois et de céramiques.

A l’âge du fer, avec les migrations et la sédentarisation des celtes, les céramiques grossières laissent la place à des objets de plus en plus raffinés grâce à l’évolution des techniques, en particulier dans la période de la Tène (cf photo ci-dessous, ou cliquez ici).Pour la période de l’Age du fer, qui nous intéresse particulièrement, au début, les moyens de fabrication des poteries étaient encore rudimentaires tant sur le plan de la préparation des terres argileuses, du façonnage et des moyens de cuisson. Les céramiques communes sont assez grossières (céramique de stockage, de cuisson) et les céramiques de table sont plus fines et deviennent de plus en plus de meilleure qualité (parfois tournées). Avec l’influence grecque et italique les techniques s’améliorent lors de la Tène moyenne et finale avec de véritables unités de production, bien que des ateliers continuent avec des techniques plus sommaires jusqu’à la fin du 1er siècle avant notre ère.

La préparation de l’argile

Généralement, les centres de productions étaient situés à proximité des sites de terres argileuses, de près desquels la présence d’eau et de forêt étaient nécessaires. Dans la période la plus tardive de l’âge du fer L’argile était le plus souvent pétrie (à la main ou foulée avec les pieds), sans ajout d’éléments complémentaires autre que de l’eau pour rendre la matière plus plastique (exceptionnellement sable ou gravier fin comme dégraissant pour des pièces importantes). Ces poteries étaient plutôt grossières.

Par la suite, au fur et à mesure que l’on avance vers la Tène finale, les pâtes sont mieux préparées, décantation des argiles, ajout de dégraissants (sables siliceux, coquillages réduits en miettes, tessons de poteries ou cendres finement broyés...) aboutissant ainsi à des céramiques fines. (les dégraissants permettent d’atténuer les déformations au séchage en drainant l’air et l’eau, et donnent à la poterie une meilleure résistance à la cuisson).

Le façonnage

La technique la plus primitive est le repoussage d’une balle d’argile, avec l’outil le plus précieux du potier : la main. Elle donne des récipients très irréguliers et épais. L’estampage ou moulage de la pâte dans des formes en l’argile crue séchée ou encore en osier, puis lissée et séchée.

Le colombin, véritable boudin d’argile, est roulé à la main. Les colombins sont enroulés les uns au-dessus des autres pour donner la forme souhaitée (voir photo ci-dessous). Ensuite, pour fermer les creux, la pièce est peignée puis lissée avec des outils en bois, en os ou de petites pièces en cuir pour donner l’aspect final de la poterie dont l’épaisseur est irrégulière. Ce mode de fabrication est encore utilisé au 1er siècle avant notre ère.

Le tournage : L’usage de la tournette (tour lent) est apparu en Gaulle progressivement à la fin de la période de Hallstatt et au début de la Tène ancienne, au contact du commerce sous influence helléniste. Nous pouvons retrouver sur des vases grecques ou plaques votives corinthiennes des VIIème et VIème siècles avant notre ère (Photo 5) des représentations de ce pouvaient être ces tours. Seulement beaucoup plus tard on retrouvera des représentations de tours sur des vestiges de peintures murales de Pompéi. Ces tournettes avaient un caractère primitif : un plateau fixé sur un axe central, actionné à la main, avec les pieds ou encore au bâton. Le mouvement, lent et irrégulier, permettait de réaliser des poteries aux parois fines et bien lissées, mais pas très bien calibrées. Certaines pièces pouvaient être commencées au colombin et terminées à la tournette. Le tournage se généralise après la guerre des gaules à l’époque gallo-romaine avec l’arrivée du tour rapide.

Le décor : depuis le néolithique, le décor des céramique sur pièces crues n’a cessé d’évoluer, souvent avec des caractéristiques propres. Impression de coquillages, de cordelettes, à la roulette, décors au peigne, de bandeaux rapportés avec un colombin lissé ou de baguettes tournées de cannelures, d’excision (matière enlevée avec une gouge), d’incision (avec le tranchant d’une pointe sur terre encore molle), de gravure (décor avec un outil tranchant sur terre sèche ou un engobe avant cuisson, parfois après cuisson), de graffites (comme la gravure, mais marques écrites), lissage peu profond de formes géométriques.

Les céramiques peintes ne sont pas en reste (voir photo ci-dessous, ou cliquez ici). Technique venue du Moyen Orient et d’Europe centrale ces vases devaient être nombreux, mais le temps a eu raison de la conservation des motifs dans des sols bien souvent inhospitaliers. Ces poteries sont très élégantes, souvent élancées et très fines. Après séchage de la pièce, une couverte avec un engobe de base est appliquée avant un premier passage au four. Ensuite des motifs géométriques avec des figures zoomorphes sont dessinés avec des pigments organiques et peints en plusieurs applications de jus de teintures végétales très fragiles avec la technique de la réserve sur des fonds rouges qui deviendront progressivement blancs (Vases de la Marne et Champagne, Aulnat, gisements de bord de Loire … de la Tène, l’apogée étant au 2ème siècle avant notre ère).

Nous pouvons encore citer les engobes, souvent constitués de barbotine ( boues d’argiles riches en oxydes assez liquides ). Cette barbotine est appliquée au pinceau ou par trempage des pièces encore humides. Les particules plus fines d’argile donnent un aspect plus lisse à la cuisson et une meilleure étanchéité aux vases, tout en gardant de la porosité. Un lissage bien appliqué sur une terre crue « consistance cuir » donne un résultat tout aussi satisfaisant.

Le séchage

Opération délicate, le séchage doit être effectué lentement à l’abri du soleil et des courants d’air pour évacuer le maximum d’eau contenu dans l’argile et éviter ainsi un retrait trop important avec des craquelures.

Les cuissons

Nous distinguons 2 modes de cuisson : réductrice et oxydante. La cuisson est dite réductrice lorsqu’il n’y a pas ou très peu d’apport d’oxygène. Elle est oxydante lorsque la combustion se réalise dans une atmosphère avec apport d’oxygène. La cuisson réductrice est le mode le plus ancien, notamment dans les fours primitifs (meules, fosses). Dans le processus, la combustion crée une forte concentration de carbone qui agit sur la pâte et réduit l’oxyde de fer contenu dans l’argile donnant à la poterie une teinte noire ou grisâtre variable suivant que l’atmosphère du four est totalement privée ou non d’oxygène.

Les fours

Four en meule : technique rudimentaire qui consiste à préparer des couches de bois et de céramiques, l’ensemble étant recouvert d’un manteau de terre ou d’argile (Photo préparation du four et cuisson, ou voir ci-dessous). Des orifices sont aménagés en partie basse pour allumer le bûcher et une en haut ( évent ). Après que l’ensemble soir bien embrasé, les orifices sont calfeutrés, occasionnant ainsi une cuisson réductrice. L’ensemble est démonté après refroidissement pour récupérer les poteries, noires si la couche de terre est bien étanche. Dans le cas contraire les céramiques sont marbrées de nuances noires, grises et claires.

Four avec foyer ouvert et sole pleine : Ce four (photo ci-dessous ou cliquez ici), plus évolué, apparait au 2ème siècle avant notre ère. Il comprend un foyer, alimenté en bois continuellement pendant la cuisson. L’alandier, canal qui relie la chambre de chauffe appelée laboratoire, conduit la chaleur autour d’une sole pleine constituées de pierres plates ou plaques d’argiles pour atteindre le laboratoire ( La sole est la partie du four sur laquelle on empile les poteries ). Un évent assure le tirage pour donner généralement des cuissons oxydantes. Il est possible d’obtenir des cuissons réductrices en fin de cuisson en obturant les évents et en alimentant le foyer avec des branchages humides. Le laboratoire devait certainement être reconstitué après chaque cuisson, il est possible aussi que le laboratoire était largement ouvert en partie supérieure, seulement fermé par de grands tessons ou plaques d’argile. La taille de ces fours n’excédait pas 1 m2.

Four avec foyer ouvert et sole perforée : Ce type de four (photo du four et de la sole), qui est une amélioration du précédent, est apparu très peu de temps avant notre ère. Il est dû à l’influence romaine après la Guerre des Gaules. A la différence du précédent, ce four est constitué d’une sole perforée. Les flammes se propagent dans l’alandier pour diffuser la chaleur au travers des carneaux de la sole ( trous aménagés dans la sole ), sur laquelle sont empilées les poteries, pour se répandre ensuite dans le laboratoire. Ce type de four permet d’atteindre des températures élevées (900°à 1000°C, constaté lors de reconstitutions expérimentales ). L’évent situé au-dessus du laboratoire permet un bon tirage et de bonnes cuissons oxydantes. La taille de ces fours pouvait atteindre 1 à 2 m2.