' Confection de cotte de maille
TEST

La confection d'armure de mailles



L'armure de mailles, est une invention celte datant environ de la fin du IVe ou début du IIIe s. av. J.-C. (dépôt d'Hjortspring au Danemark, sépulture d'Homu-jatov en Slovaquie et de Kirkburn en Angleterre).

C'est une chemise composée de milliers d'anneaux de fer assemblés, pour un poids avoisinant les 10kg ( PHOTO 1 , cliquez pour agrandir). Des épaulières peuvent venir renforcer la protection de cette zone exposée aux coups d'épées portés à la tête et déviés par le casque ( PHOTO 2 coupe dite « gauloise » ; PHOTO 3 et PHOTO 4 coupe « hellénistique »). Le fer n'étant pas aussi disponible qu'aujourd'hui et la confection et l'assemblage des mailles étant longs et minutieux, ce type d'armure est réservé à l'élite de la société gauloise, les aristocrates et leur gardes appelés Ambactes, seuls à même de pouvoir s'offrir ou se faire offrir un tel objet.

Pour fabriquer une armure de mailles, le fer acheté en lingot est tout d'abord étiré jusqu'à l'obtention d'un fil d'environ 1mm à 1,5mm (rarement plus) qui sera enroulé autour d'un tige de bois ou de métal afin de constituer une spirale ( PHOTO 5 ). Cette spirale est ensuite coupée dans sa longueur pour obtenir les anneaux, d'un diamètre moyen de 7 à 8mm (13mm pour les plus grands (Tiefenau, Suisse), 4,5mm pour les plus petits (Vernon, France)). Ces anneaux seront enfin assemblés les uns aux autres, en aboutant ou rivetant les extrémités de chaque anneaux ( PHOTO 6 abouté et PHOTO 7 riveté (photo et matériel : Olivier Binder)). Chaque anneau est donc relié à 4 anneaux. Si le diamètre des anneaux est particulièrement grand, il est possible de relier les anneaux par groupe de 6 (Tiefenau, Suisse).

Il existe toutefois de manière anecdotique des armures de mailles composées partiellement ou entièrement d'anneaux en alliage cuivreux (« laiton ou bronze »), tels celles de Pontoux en France, ou celle de Titelberg au Luxembourg. Toutefois, il a été montré qu'un métal ductile comme le fer se déforme au lieu de casser, freinant ainsi davantage la pénétration de l'arme adverse. En revanche, un alliage cuivreux contenant peu de zinc sera en revanche plus cassant. Quoiqu'il en soit, les alliages cuivreux sont plus lourds que le fer et donc moins appropriés pour la confection d'armes et de pièces d'armures.

L'armure de maille protège le guerrier des coups de taille et d'entaille. En fonction de sa force, un coup d'estoc peut tout de même traverser l'armure, d'autant plus avec des anneaux aboutés qui s'ouvriront à l'impact. En revanche, lorsque les anneaux sont rivetés, il faut que le coup soit encore plus fort afin de trancher la section du fil ou de faire sauter le rivet. Quoiqu'il en soit, l'aspect contondant du coup de taille ou d'estoc est peu amorti par l'armure. L'usage d'une sous-armure en cuir ou en tissu pour amortir le coup n'est pas connu en contexte gaulois. A notre connaissance, la seule exception réside sur la statue du guerrier de Vachère (gallo-romain, photo 3) où un pan qui semble épais et relativement rigide dépasse de sous l' armure (séparée au niveau de l'entre-jambe, cette sous-armure ne gêne pas les mouvements du guerrier). En revanche, l'utilisation d'une sous-armure en contexte romain ou plus tardif n'est plus à faire. Deux propositions de restitution sont présentées PHOTO 8 (à venir) et PHOTO 9 .

Pour conclure, l'armure de mailles inventée par les Gaulois protège particulièrement bien son porteur. Coûteuse, elle est généralement réservée à l'élite : un aristocrate ou son ambacte. Souple, elle n'entrave pas du tout la mobilité du guerrier mais nécessite de ce fait le port d'une sous-armure. Son utilisation a perduré pendant des siècles, et des gants de mailles sont toujours utilisés aujourd'hui pour certains travaux de boucherie.